«De nombreuses entreprises ont pu pourvoir leurs places d’apprentissage bien plus tôt que d’habitude»
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ASMAS, l’Association suisse des magasins d’articles de sport, a lancé la campagne «Fais ce que tu aimes». La campagne a été lancée en septembre dernier pour attirer davantage d’apprentis dans le commerce de détail du sport. Après environ un an et demi, nous faisons le point avec le président de l’ASMAS, Peter Bruggmann, sur la poursuite ou non de la campagne et sur l’impact de la disparition de SportX sur les places d’apprentissage dans le secteur des articles de sport.
Peter, vous avez lancé il y a environ un an et demi la campagne « Fais ce que tu aimes » afin d’attirer davantage d’apprentis vers le commerce de détail du sport. Quel est le bilan de cette campagne ?
Cette initiative nous a permis d’attirer davantage d’apprentis vers le commerce de détail du sport, ce qui est pour nous un grand succès. En outre, nous avons pu valoriser durablement l’image de notre profession grâce à cette campagne. Un autre effet positif a été l’augmentation de l’utilisation de notre site Internet – en particulier dans le domaine de la formation professionnelle. Cela indique un intérêt croissant pour notre domaine professionnel.
Si nous nous plongeons un peu plus dans la campagne, vous avez fourni des kits d’information à environ 1000 écoles dans toute la Suisse, où il était notamment possible de réserver directement un stage d’initiation dans une entreprise de la région. Comment cela a-t-il été accueilli ?
Cette partie de la campagne a également été un grand succès. Les réactions aux kits d’information envoyés ont été majoritairement positives. Nous n’avons reçu qu’un seul commentaire négatif, qui concernait les matériaux utilisés. Cela nous incite à faire encore plus attention au choix des matériaux durables lors d’une prochaine campagne. Il est particulièrement réjouissant de constater que cette initiative nous a permis de trouver plusieurs dizaines de stages d’initiation dans des entreprises régionales, ce qui est un signe clair de l’intérêt et de l’efficacité de cette mesure.
«Cette campagne nous a permis d’augmenter le nombre d’apprentis de 10 pour cent.»
– Peter Bruggmann
Le deuxième volet de la campagne a consisté à proposer aux enseignants de recevoir la visite d’experts de leur région pour une brève présentation. Comment cette offre a-t-elle été utilisée ?
Cette offre a malheureusement eu moins de succès que nous ne l’espérions. Nous n’avons pu organiser que deux présentations. Cependant, dans certaines régions, il existe déjà des coopérations établies dans le cadre des cours d’orientation professionnelle, où les entreprises sont autorisées à présenter notre métier. Dans ces cas, nous avons pu aider les partenaires existants en leur fournissant une présentation actualisée afin de mettre à jour le contenu et de stimuler l’intérêt des élèves.
Quel a été l’impact final de l’ensemble de la campagne sur le nombre d’apprenants ?
Grâce à cette campagne, nous avons pu augmenter le nombre d’apprenants de 10 pour cent.
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La disparition de SportX l’année dernière a également eu des répercussions sur de nombreux apprentis dans le commerce de détail du sport. Combien de places d’apprentissage ont été concernées ?
SportX formait chaque année une trentaine d’apprentis dans le commerce de détail du sport. Ces places d’apprentissage sont désormais supprimées, à l’exception des magasins repris par Ochsner Sport. Nous estimons qu’il s’agira d’une vingtaine de places d’apprentissage par an.
Et que s’est-il passé pour les apprenants qui étaient encore au milieu de leur formation ?
Heureusement, une solution de raccordement a pu être trouvée pour tous les contrats d’apprentissage concernés. De nombreux apprentis ont pu rester directement chez Ochsner Sport après la reprise de SportX par Ochsner Sport. Certains ont rejoint d’autres magasins de sport de leur région, tandis que d’autres ont été placés sur de nouvelles places d’apprentissage au sein du groupe Migros. Cela a permis de garantir qu’aucune formation n’a dû être interrompue et que tous les apprentis ont pu poursuivre leur apprentissage avec succès.
Vous avez dit tout à l’heure qu’une vingtaine de places d’apprentissage sur un total d’environ 350 dans le commerce de détail du sport seraient désormais supprimées chaque année. Qu’est-ce que cela signifie pour le secteur des articles de sport en Suisse ?
Cela signifie que le secteur doit s’attendre à une baisse du nombre d’apprentis à l’avenir. A long terme, cela pourrait également affecter la relève de la main-d’œuvre qualifiée dans le commerce des articles de sport, ce qui pose des défis supplémentaires au secteur.
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Que fait l’association ASMAS à ce sujet ?
Notre objectif est clairement de compenser les 30 places d’apprentissage qui ont été perdues. Pour ce faire, nous recherchons activement le dialogue avec nos membres qui n’offrent actuellement aucune place d’apprentissage.
Quelle est la situation pour l’année prochaine ? Les places d’apprentissage dans le commerce de détail du sport sont-elles déjà occupées ?
Je n’ai pas de chiffres exacts, mais les discussions que j’ai eues avec nos membres m’ont permis de faire part d’éléments encourageants. Nous avons de nombreuses entreprises qui ont déjà pu pourvoir leurs places d’apprentissage beaucoup plus tôt que d’habitude, car nous avons reçu beaucoup plus de candidatures. Cela montre d’une part que l’apprentissage dans le commerce de détail du sport est très attractif, et d’autre part que notre campagne « Fais ce que tu aimes » continue à avoir un impact.
Vous venez d’évoquer la campagne – est-ce que cela continue ?
Nous poursuivons la campagne. Cette année, nous avons renoncé à un grand envoi postal, mais nous la poursuivons sous forme numérique. Les écoles seront à nouveau contactées et auront la possibilité de commander du matériel d’information afin d’aider leurs élèves à choisir une profession. L’inscription en ligne reste disponible en permanence et les demandes continuent d’arriver régulièrement. Cela montre que l’envoi initial a un impact durable et que le matériel est utilisé à long terme dans les écoles. Nous allons donc continuer à renforcer la présence numérique de la campagne afin d’atteindre une portée encore plus grande.
Et quel est l’avenir à plus long terme ?
Actuellement, nous prévoyons d’envoyer à nouveau du matériel d’information aux écoles en 2026. Mais la décision finale n’a pas encore été prise. Ce qui est sûr, c’est que nous allons poursuivre la campagne afin de renforcer notre profession.
En savoir plus
Vous trouverez ici toutes les informations concernant la campagne « Faites ce que vous aimez » de l’ASMAS.